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Tunisie

Le long de la côte ouest des Amériques

Nous partons du sud et plus précisément de San Antonio au Chili pour longer cette côte ouest vers le nord, y faisant de nombreux arrêts, tous différents dans des pays tout aussi différents que le Pérou, l’Équateur, la Colombie, le Panama et le Costa Rica.

Nous mettrons ainsi 17 jours à naviguer entre le sud du Chili et Miami, où nous accosterons finalement à bord du navire qui nous aura permis d’accumuler chaleur, soleil et découvertes et d'oublier la grisaille de février, le Norwegian Sun.

 Du pour et du contre

Les croisières ont de plus en plus d’adeptes. C’est une façon de voyager plutôt reposante. En effet, on pose sa valise et on se laisse vivre jusqu’au prochain port où l’on choisit de débarquer ou pas. Et il faut avouer que la plupart du temps on mange très bien sur ces navires et que l’offre en activités y est variée.

Les escales par contre ne sont jamais bien longues. Plus souvent qu’autrement, on arrive au port tôt le matin et on le quitte en fin de journée. Ce qui laisse peu de temps pour découvrir le coin de pays, vous en conviendrez. Mais si on choisit avec soin son excursion, c’est peut être l’occasion d’un coup de cœur que l’on voudra renouveler et approfondir. Bref, y revenir pour un plus long séjour.

Au Chili 

Après San Antonio, où nous embarquons, nous ferons deux escales au Chili.

La première à Coquimbo, un port entre le désert d’Atacama et la vallée centrale. En sortant du port, nous longeons un boulevard dont les deux côtés accueillent un marché typique très animé en nous dirigeant vers La Serena au nord de Coquimbo. C’est l’une des plus anciennes villes du pays.

Nous y arrivons en suivant l’Avenida del Mar, qui, comme son nom l’indique, borde une immense plage au bout de laquelle se dresse un joli fort très coloré. Une promenade au centre de la ville, nous permettra de découvrir sur la Plaza de Armas une belle cathédrale, un petit musée intéressant et finalement un marché très animé et très typique, La Recova.

Puisque nous sommes au centre du pays, des détours vers Valparaiso et Santiago s’imposent.

Commençons par Valparaiso avec son quartier historique aux petites rues pentues dont les murs sont couverts de couleurs. En effet, le « street art » règne ici. Ces murales colorées aux thèmes variés nous accompagnent partout : au coin des rues, sur les murs longeant les nombreux escaliers, sur les façades des boutiques et commerces… Elles créent une atmosphère si vibrante et changeante que nous parcourons facilement plus d’une dizaine de kilomètres sans vraiment nous en apercevoir! Et on en redemande!

Santiago, par contre, c’est la Capitale avec tout son sérieux. On déambule sur la Plaze de la Constitution, au centre de la ville, qui s’étend face à La Moneda, le palais présidentiel et qui est entouré de plusieurs édifices publics remarquables.

On se mêle à la foule sur Plaza de Armas où on s’offre en petit casse croûte une spécialité chilienne, le completo ou l’italiano. Un hot dog fourré à la tomate et au chou avec mayonnaise et avocat. Délicieux, pour 2$ boisson comprise.

À quinze minutes de marche, nous découvrons les élégants escaliers de pierre qui mènent au sommet de la colline Santa Lucia (Cerro Santa Lucia). On dit que c’est l’endroit où a été fondé Santiago en 1541. Magnifique parc public avec ses fontaines, ses platebandes colorées, ses monuments et statues honorant de célèbres Chiliens et ses petites places offrant de beaux points de vue sur la ville du haut de ses 69 mètres. Tout au sommet, on peut se reposer en admirant le château Hidalgo, une élégante fortification aujourd’hui utilisée comme salle de réception et de congrès.

En redescendant, il ne faut pas manquer, tout en face, le Centro Artesanal de Santa Lucia. Un fort sympathique marché qui offre une gamme impressionnante d’articles fait main : chaussures, vêtements, instruments de musique et autres. À des prix très raisonnables… une fois la négociation terminée!

Notre deuxième escale est pour Arica. Une ville portuaire du nord du Chili située dans le désert d'Atacama. La ville est dominée par une immense colline escarpée de 139 mètres appelée El Morro. Ce fut le dernier rempart des troupes péruviennes qui gardaient la ville pendant la guerre du Pacifique.

À l’horizon, d’autres collines de sable blond attirent nos regards. En fait, on découvre que ces collines sont couvertes de géoglyphes, impressionnantes fresques réalisées en sable et en pierre – on ignore encore presque tout sur leurs auteurs qui auraient vécu autour de l’an 1 000. Ces ensembles représentent serpents, lézards, lamas, oiseaux dont un ensemble de plusieurs lamas avec leur guide tous orientés dans la même direction. Il pourrait s’agir d’une représentation des caravanes qui empruntaient cette vallée pour relier la montagne et la côte. Tout à côté, si l’on se fie aux ruines qui subsistent, un village existait en l’an 800.

On peut d’ailleurs voir d’un peu plus près des géoglyphes au Musée archéologique de San Miguel de Azapa. Tout comme on peut y découvrir les fascinants rites funéraires et le processus de momification des Chinchorro, un peuple précolombien.

Finalement, il ne faut pas manquer de jeter un coup d’œil à la cathédrale San Marcos. De style gothique, l’église repose exclusivement sur une structure métallique signée Gustav Eiffel, le célèbre ingénieur français, concepteur de la tour qui porte son nom à Paris. Il a également conçu le bâtiment de la douane dans un style néoclassique, mais toujours avec une structure métallique apparente.

Au Pérou

Nous accostons à Callao, principale ville portuaire du Pérou à 15 km de Lima.

Sans perdre de temps, nous nous dirigeons donc vers Lima où nous arrivons directement sur la Plaza Mayor au centre de laquelle se dresse une fontaine en bronze du XVIIe siècle. Joyau de la ville, classée au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, la place est bordée d’édifices superbes, parmi lesquels la cathédrale, le palais du gouvernement, le palais de l’archevêché et la mairie.

L’impressionnante cathédrale, reconstruite selon les plans du XVIe siècle après le tremblement de terre de 1746, est un mélange de styles gothique, renaissance, baroque et néoclassique ! Elle abrite des joyaux historiques comme les stalles du chœur de Baltasar Noguera. Les restes de Francisco Pizarro, l’homme qui a conquis le Pérou, sont conservés dans une de ses chapelles.

La mairie (photo de la bannière) à la façade de style néo-colonial avec ses arcades et ses grands balcons respecte le style des demeures des premiers colons espagnols.

De là, nous nous rendons sur la Plaza San Martín. Avec la Plaza Mayor, c’est l’une des places les plus importantes de Lima, en raison là aussi de la qualité architecturale des édifices qui la bordent.

L’Église et couvent de San Francisco datant de 1674 a survécu au tremblement de terre de 1746 et constitue l’une des plus belles représentantes du premier style colonial. La façade du temple a été sculpté dans la pierre et se caractérise par ses colonnes corinthiennes. Cet édifice est aussi célèbre pour ses catacombes où reposent près de 70 000 sépultures.

Nous ferons aussi un court arrêt sur la Plaza Bolivar, connue aussi sous le nom de Place du Congrès ou Place de l'Inquisition. C'est une des places les plus anciennes de Lima puisqu'elle fut créée durant les premières années de la fondation de la ville. Bordée à l'est par le Palais Législatif et au sud par le Musée de l'Inquisition, on remarque au centre la statue équestre de Simón Bolívar, héros de l'indépendance de l'Amérique hispanophone.

Nous terminons cette visite par un délicieux repas dans un joli restaurant qui occupe un quai qui s’avance dans la mer avec au menu ceviche et pisco sour. Que demander de mieux ?

En Équateur 

Notre seule escale en Équateur se fera à Manta, porte de l’océan Pacifique en Equateur, connu comme l’un des plus importants ports de pêche au thon au monde.

Aussitôt débarqués, nous longeons la mer pour nous rendre à son très typique marché aux poissons, où nous sommes surpris par la petite taille des thons. Étant donné la réputation de l’endroit, nous nous attendions à de plus gros spécimens. Les marchands, pêcheurs pour la plupart, sont fiers de nous présenter leurs étals de poissons de toutes sortes et tailles. De petits kiosques, échoppes et petits restos se font aussi un plaisir de les servir sous plusieurs formes.

Nous nous rendons ensuite en pleine forêt tropicale au Pacoche Lodge. On nous explique que cette luxuriance qui nous entoure est due au fait qu’on se trouve au point où deux eaux se rencontrent et où l'air entre en collision, créant des nuages qui produisent beaucoup de pluie. En fait, il pleut ici près de 90 % de l'année. Mais pas de pluie à l’horizon aujourd’hui!

Nous sommes entourés par des palmiers Toquilla utilisés pour tisser les fameux chapeaux panamas. Oranges, citrons et noix de coco y poussent aussi, tout comme les fameuses fèves de cacao dont on fabrique le chocolat, une importante industrie locale. On nous y fera découvrir le processus de fabrication du chocolat à partir de la fève jusqu’à la barre de chocolat… dont nous nous délecterons bien sûr.

Puis, retour vers le quartier de Montecristi, berceau des fameux panamas. D’ailleurs on ne peut manquer à l’entrée du quartier un immense monument de 15 mètres d’une femme tissant la paille de toquilla entre ses doigts pour donner forme au chapeau centenaire. Car ici, ce sont traditionnellement les femmes qui fabriquent par centaines cet accessoire que l’on peut acquérir pour des prix variant de 10$ (à porter une fois et non lavable et fait en quelques jours) jusqu’à quelques milliers de dollars pour un véritable panama que l’on peut laver et plier sans qu’il perde sa forme et qui prend nous dit-on presque un an à fabriquer à la main.

Quel lien avec le Canal de Panama? Demandons-nous à une artisane en plein travail. Elle nous explique que la fabrication de ce chapeau est une longue tradition de Montecristi mais qu’il est devenu célèbre après qu'un Président américain en ait porté un lors d’une visite au Canal de Panama.

À partir de la place principale dominée par une jolie église blanche, on trouve de nombreuses échoppes offrant tant ces chapeaux que tout ce qu’un voyageur peut désirer.

Avant de quitter Manta et l’Équateur, nous payons une visite au « chef de la Nation équatorienne », Alfaro Delgado qui fait l’objet d’un véritable culte à Montecristi, où il est né. Sur les hauteurs de la ville, un musée et un impressionnant mausolée ont été érigés sur les lieux où il est enterré. Une belle occasion d’en apprendre un peu plus sur l’histoire politique de l’Équateur avant de quitter le pays.

Au Costa Rica

Au Costa Rica, c’est à Puntarenas, le plus important port de pêche du pays que nous accostons pour nous diriger rapidement vers Alajuela, la deuxième ville du Costa Rica.

Notre destination étant plus au centre du pays, cela nous permet d’admirer les paysages paradisiaques du Costa Rica tout en longeant parc nationaux et réserves forestières.

La réserve où nous nous dirigeons comprend plusieurs hectares de forêt dans laquelle on a aménagé un véritable refuge qui nous permet un tour d’horizon presque complet de la flore et de la faune du pays. Ainsi, nous pouvons tour à tour apercevoir dans leurs habitats presque naturels, singes, aras, papillons, toucans, jaguars, léopards, colibris et mêmes les très colorées mini grenouilles, dont la célèbre grenouille aux yeux rouge.

Bref, quelques heures de véritable beauté au sein d’une végétation luxuriante où la flore aux milles fleurs fait concurrence aux coloris des animaux.

Et pour terminer cette journée c’est sous un éblouissant coucher de soleil que nous quitterons Puntarenas, en route vers le Canal de Panama.

Le fameux Canal 

Nous y sommes enfin dans ce fameux canal maritime de 77 km qui nous permet de passer du l’océan Pacifique à l’océan Atlantique. Nous nous inscrivons donc parmi les 14 000 navires qui empruntent annuellement cette voie que l’on a mis 34 ans à parachever.

La vue n’est pas très belle, entre les immenses grues installées le long du canal, les dizaines de petits bateaux remorqueurs et les navires de toutes sortes qui entrent ou sortent du canal en naviguant à travers cette suite d’écluses et de lacs.

Mais nous voici maintenant de l’autre côté des Amériques.

En Colombie

Et c’est à Carthagène des Indes, dans une baie de la mer des Caraïbes avec son système de fortifications les plus complètes d’Amérique du Sud que nous accostons.

J’ai eu un coup de cœur pour cette ville et y ai d’ailleurs consacré un article complet. Pour le lire.

Ce sera en fait notre dernière escale avant d’arriver à Miami où se terminera cette croisière qui nous a non seulement permis de fuir la grisaille de février mais de savourer pleinement les couleurs et saveurs des six pays rencontrés.

Notre navire

Nous avons navigué à bord du Norwegian Sun dans une cabine standard, confortable, remarquablement vaste et avec beaucoup d’espaces de rangement et un personnel de cabine aux petits soins.

Et comme je l’ai déjà dit, la nourriture était non seulement variée, mais excellente.  Heureusement, nos escales étaient autant d’occasions de brûler quelques calories que nous avons, contrairement à nos précieux souvenirs, laissées derrière nous avec plaisir!

Christiane Théberge

  Fort à La Serena

Street art à Valparaiso

Plaza de Armas, Santiago

Colline Santa Lucia, Santiago

El Morro, Arica

Géoglyphes, Arica

Cathédrale, Plaza Mayor, Lima

Église et couvent de San Francisco, Lima

Plaza Bolivar, Lima

Marché aux poissons, Manta

Sculpture à Montecristi

Artisane tissant un panama

Au Costa Rica

Au Canal de Panama

 

 

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